
L’écriture de textes courts n’était pas une évidence pour moi qui préfère les romans longs et même les séries. Mais après avoir élaboré, au terme de plusieurs années, un univers de fantasy complexe pour un roman plutôt volumineux, j’avais besoin d’air frais.
Quoi de mieux que des nouvelles, diverses de style et d’inspiration? Je me savais capable d’écrire des poèmes -ma jeunesse en fut témoin-, des récits humoristiques à l’action rapide et efficace (tel mon épais tome de fantasy qui sortira prochainement), aussi bien que des histoires plus personnelles, graves et réalistes.
Au lycée, mes professeurs m’avaient poussée à me faire publier.
Oui, mais des nouvelles c’était une forme d’écriture nouvelle pour moi justement. Que je jugeais superficielle, ringarde, bref sans intérêt.
Et les maisons d’édition sont frileuses de nos jours à publier des recueils de nouvelles, ce qui me confortait dans mon préjugé.
L’idée de départ qui me motiva fut donc de participer à quelques concours dont les thèmes m’inspiraient.
Le tout premier fut le Concours de Nouvelles George Sand avec pour thème « En chemin », en 2017. Mon récit, Naissances, fut retenu avec sept autres pour une édition en recueil. Un premier petit pas.
La même année, La maison aux vitraux reçut le second prix des Nouvelles Fantastiques du Festival du Livre de Somain. J’étais ravie.
Évidemment, c’étaient là deux récits à l’opposé l’un de l’autre. Mais voilà, j’aime autant la littérature générale, que les livres fantasy, les romans policiers, la poésie… L’éclectisme est une seconde nature chez moi, et autant mes goûts de lecture sont-ils variés, autant, en caméléon que je suis, quand j’écris, je plie ma plume pour servir l’intrigue, les personnages: ce sont eux qui me dictent le ton, le style. Chaque histoire a sa loi, son atmosphère, un fond et une forme intrinsèquement liés.
marées amères réunit des textes ayant participé à des concours, mais aussi des récits spontanés, voire autobiographiques. On y trouvera pour tous les goûts: du comique, du drame, du fantastique, du poétique…
Dans ce florilège de nouvelles faussement disparates, le fil conducteur est la solitude. Elle est au cœur de ce recueil sans s’avouer, un filigrane discret mais omniprésent. Que ce soit la solitude de l’amour perdu, du désespoir, d’une existence absurde, de l’enfermement que génère la folie, de l’émigré en quête d’identité, c’est aussi celle de tout un chacun, exilé parmi ses semblables par sa différence, avec cette difficulté de trouver sa place dans ce monde, cette profonde incommunicabilité et cette rupture d’avec l’environnement naturel ou socio-culturel.
Redoutée et redoutable, et pourtant… c’est bien elle, la solitude, qui permet le retour à soi -avec cette profondeur, cette connaissance intime de l’être auxquelles elle nous oblige- pour mieux aller vers l’autre, et crée les conditions nécessaires à la rencontre véritable entre deux individualités. La fuir, c’est se fuir.
Aussi essentielle qu’inéluctable, elle se laisse apprivoiser au gré de ces dix-sept récits.

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